22 gravures auraient été transmises par le dieu Thot, messager des dieux auprès des Hommes. Il s'agit d'un mythe qui remonterait au temps des Pharaons. Moïse qui avait été recueilli par les Égyptiens et considéré comme le frère de Pharaon a été élevé dans l'enseignement des prêtres et aurait pris connaissance de ces tableaux. Lors de la fuite des Juifs hors d'Égypte, Moïse aurait transmis sa connaissance à son peuple par un alphabet constitué de 22 lettres. Cette connaissance porte le nom de kabbale où chaque lettre a un équivalent numérique. Il semble peu probable, d'un point de vue historique, que Moïse se soit inspiré de la tradition égyptienne pour concevoir l'alphabet hébreu, dans la mesure où précisément Moïse défie les magiciens égyptiens dont la connaissance est moins pertinente que la sienne. Déjà Joseph, en son temps, dépassait en connaissance les sages Égyptiens qui ne parvenaient pas à interpréter les rêves de Pharaons. Les dons de Joseph, fraichement arrivé en Égypte, surpassaient d'emblée la capacité divinatoire égyptienne. De même les lettres hébraïques correspondent à un alphabet extrêmement élaboré, transmis à Moïse lors de la sortie d'Égypte, au Sinaï, alors que les Égyptiens, à la même époque, communiquaient encore par hiéroglyphes. Certains chercheurs sont convaincus d'un héritage antique (égyptien, chinois, indien, judaïque, grec, romain, etc.) qui en fin de compte se serait matérialisé, sous une forme christianisée, dans les sujets allégoriques du Tarot. D'aucun souligneront plus particulièrement l'aspect alchimique tandis que d'autres préfèreront mettre en relief les apports platoniciens et pythagoriciens peut-être d'origine byzantine1 de la seconde moitié du xve siècle en Italie du Nord notamment florentins : Néoplatonisme médicéen. Inspirés par l'iconographie mediévale du jeu, les investigateurs espagnols Daniel Rodes et Encarna Sánchez cherchent l’origine du Tarot chez les Cathares dont la philosophie correspondrait parfaitement à l’idée de base du jeu de tarot. La présence de la Papesse confirmerait cette idée. L’importance de ce personnage féminin, bien que différent de l'orthodoxie romaine, est une référence évidente au christianisme. Avec le temps, les cartes seraient devenues un système divinatoire. Cette hypothèse fait fi non seulement de la parfaite orthodoxie de l'image de Fides ou de la Foi (Papesse) jouxtant celle de l'Église (Pape) mais surtout, elle ne tient pas compte du caractère iconoclaste des Parfaits Cathares. Jamais ceux-ci n'auraient consenti à imager le Divin. Seuls des croyants néo-cathares liés aux cours des nobles de Lombardie ont pu - éventuellement - inspirer le dualisme sous-jacent du Tarot. (...)